Lorsqu’un État décide d’honorer une personnalité publique, le geste dépasse toujours la reconnaissance individuelle.
Il dit quelque chose d’une époque.
Il dit quelque chose des valeurs que la société choisit de mettre en lumière.
En 2017, l’auteure néerlandaise Sjan Verhoeven a été nommée Ridder in de Orde van Oranje-Nassau (Chevalier dans l’Ordre d’Orange-Nassau), une distinction royale attribuée par décret signé par le Roi Willem-Alexander. Si la décoration lui a été remise à Amsterdam lors de la traditionnelle Lintjesregen, la décision relève bien de l’État néerlandais et de son ordre national de chevalerie.
Cette nomination ne constitue pas une simple récompense littéraire.
Elle reconnaît officiellement un engagement durable en faveur des adultes dyslexiques et, plus largement, en faveur des learning differences.
Longtemps perçue comme une difficulté scolaire isolée — souvent cantonnée à l’enfance — la dyslexie occupe désormais une place centrale dans des débats plus vastes :
inclusion éducative, équité des systèmes d’évaluation, neurodiversité, performance professionnelle, innovation sociale.
La question n’est plus seulement pédagogique.
Elle est culturelle, institutionnelle et économique.
Qu’une monarchie européenne distingue une personnalité engagée sur ce sujet marque donc une étape symbolique importante. Ce geste inscrit la dyslexie dans le champ des causes reconnues d’intérêt collectif. Il affirme que la reconnaissance des différences d’apprentissage ne relève plus d’un combat périphérique, mais d’un enjeu sociétal.
Mais qui est précisément Sjan Verhoeven ?
Pourquoi l’État néerlandais a-t-il estimé que son action méritait une distinction royale ?
Et surtout, que révèle cette reconnaissance officielle de l’évolution du regard porté, en Europe et au-delà, sur la dyslexie et la neurodiversité ?
Qui est Sjan Verhoeven ?
Sjan Verhoeven est une auteure et conférencière néerlandaise engagée depuis de nombreuses années dans l’accompagnement des adultes dyslexiques. Elle est notamment connue pour son travail de sensibilisation, de formation et de coaching autour des différences d’apprentissage.
À travers ses écrits, ses conférences et son implication associative, elle a contribué à rendre visible une réalité longtemps sous-estimée : vivre, apprendre et construire un parcours professionnel avec une dyslexie.
Son approche ne se limite pas à décrire le trouble.
Elle s’inscrit dans une démarche éducative et sociétale visant à expliquer, déstigmatiser et transformer le regard porté sur la dyslexie.
Dans ses interventions, la dyslexie n’est pas présentée comme une faiblesse intellectuelle — elle ne l’est pas — mais comme une manière différente de traiter l’information écrite. Une différence susceptible de générer des obstacles, notamment dans des environnements standardisés, mais aussi des forces spécifiques lorsque les conditions d’apprentissage et de travail sont adaptées.
Ce positionnement rejoint une dynamique internationale plus large : le passage d’un modèle centré sur le déficit à une approche fondée sur l’adaptation de l’environnement et la reconnaissance de la neurodiversité.
Aux Pays-Bas, où les politiques éducatives accordent une place importante à l’inclusion et aux aménagements fonctionnels, cette vision trouve un écho particulier.
Sjan Verhoeven n’est donc pas uniquement une auteure. Elle est devenue une figure engagée dans la reconnaissance des adultes dyslexiques, notamment à travers :
- son travail de formatrice et de coach,
- son bénévolat associatif,
- l’organisation de conférences et d’événements dédiés à la dyslexie,
- ses prises de parole visant à promouvoir une perception plus positive du trouble.
C’est cet engagement durable — à la fois éducatif, social et culturel — qui a conduit les autorités néerlandaises à la nommer Chevalier dans l’Ordre d’Orange-Nassau en 2017.
Pourquoi la monarchie néerlandaise a-t-elle décorée l’auteure néerlandaise ?
Aux Pays-Bas, les distinctions royales ne sont pas attribuées à la légère. Elles viennent reconnaître une contribution significative et durable à la société néerlandaise — qu’elle soit culturelle, scientifique, éducative ou sociale.
La nomination de Sjan Verhoeven s’inscrit dans cette tradition.
Elle ne récompense pas uniquement une activité d’écriture. Elle distingue un engagement durable en faveur des adultes dyslexiques et de la reconnaissance des différences d’apprentissage.
En honorant une personnalité investie sur ce sujet, l’État néerlandais envoie un signal clair : la dyslexie n’est pas un enjeu périphérique. Elle concerne la participation pleine et entière de milliers de citoyens à la vie éducative, professionnelle et sociale.
Cette reconnaissance repose sur plusieurs dimensions.
1. Une contribution culturelle
À travers ses ouvrages, ses conférences et ses prises de parole, Sjan Verhoeven a contribué à intégrer la dyslexie dans le débat public néerlandais. Son travail participe à faire évoluer le récit collectif : passer d’une vision centrée sur la difficulté à une approche davantage orientée vers l’accompagnement et l’émancipation.
2. Un engagement éducatif et professionnel
Son activité de formatrice et de coach auprès d’adultes dyslexiques vise à renforcer l’autonomie et la confiance. Elle intervient dans une logique concrète : donner des outils, valoriser les compétences, favoriser l’intégration dans l’enseignement supérieur et le monde du travail.
Plutôt que d’affirmer qu’elle a transformé le système éducatif, il est plus juste de dire qu’elle a contribué à faire évoluer les représentations et à soutenir des parcours individuels.
3. Une portée sociétale
La distinction souligne l’importance croissante des learning differences dans les politiques publiques et les débats contemporains autour de la neurodiversité.
Dans un contexte international où inclusion et équité prennent une place grandissante, cette nomination dépasse le cadre national. Elle inscrit la dyslexie dans une conversation plus large sur l’égalité des chances et l’adaptation des environnements.
Lorsqu’un État reconnaît officiellement un engagement en faveur des personnes dyslexiques, il légitime publiquement la lutte contre la stigmatisation. Il affirme que la reconnaissance des différences d’apprentissage relève d’une responsabilité collective.
Cette dimension symbolique est essentielle.
Elle marque le passage d’une vision centrée sur la difficulté individuelle à une approche plus structurelle : adapter les systèmes plutôt que corriger les individus.
Ce que cela dit de l’évolution du regard sociétal sur la dyslexie
Pendant des décennies, la dyslexie a été perçue principalement sous l’angle de la difficulté scolaire.
Un élève « lent ».
Un enfant « qui ne fait pas assez d’efforts ».
Un adulte « peu à l’aise avec l’écrit ».
Cette lecture de la dyslexie, centrée sur le déficit, a profondément marqué des générations de parcours individuels. Elle a souvent conduit à une invisibilisation des besoins spécifiques et, dans certains cas, à une stigmatisation durable.
Or, les données disponibles rappellent que la dyslexie ne concerne pas une minorité marginale.
Du déficit à la différence
La nomination de Sjan Verhoeven s’inscrit dans ce mouvement.
Elle ne nie pas les difficultés réelles que peut entraîner la dyslexie.
Mais elle reflète un changement culturel plus large : la dyslexie n’est plus uniquement envisagée comme un obstacle individuel à corriger. Elle est de plus en plus comprise comme une différence dans le traitement de l’information écrite, nécessitant des aménagements adaptés.
Ce basculement est au cœur du mouvement international de la neurodiversité.
Plutôt que de définir les troubles d’apprentissage exclusivement comme des pathologies, de nombreux chercheurs, éducateurs et institutions parlent désormais de learning differences — des manières différentes d’apprendre et de traiter l’information.
Ce changement de vocabulaire n’est pas anodin.
Il ne signifie pas que les difficultés disparaissent.
Il signifie que la responsabilité ne repose plus uniquement sur la personne concernée.
Elle s’étend au système éducatif, aux organisations, aux environnements de travail.
Adapter l’environnement devient une exigence d’équité.
Une reconnaissance institutionnelle qui normalise le sujet
Lorsqu’une monarchie honore une personnalité engagée sur la dyslexie, elle contribue à normaliser la question dans l’espace public.
Elle reconnaît implicitement que :
- la dyslexie concerne une part significative de la population,
- les obstacles rencontrés ne relèvent pas d’un manque d’intelligence ou d’effort,
- les politiques publiques ont un rôle à jouer dans la réduction des inégalités d’accès à l’apprentissage et à la performance professionnelle.
Ce type de distinction participe à transformer le récit collectif.
La dyslexie n’est plus uniquement une difficulté individuelle.
Elle devient un enjeu d’équité éducative, d’inclusion professionnelle et, plus largement, d’innovation sociale.
Une conversation désormais internationale
Ce changement de paradigme ne se limite pas aux Pays-Bas.
Aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Scandinavie ou en France, plusieurs évolutions convergent :
- développement des aménagements scolaires et universitaires,
- multiplication des recherches scientifiques sur les troubles spécifiques du langage écrit,
- visibilité accrue de personnalités publiques dyslexiques,
- émergence d’innovations technologiques dédiées à l’accessibilité de la lecture.
Dans ce contexte, la distinction accordée à Sjan Verhoeven agit comme un marqueur culturel.
Elle montre que la dyslexie entre pleinement dans le champ des sujets légitimes de reconnaissance institutionnelle.
Et elle confirme une tendance de fond :
les sociétés contemporaines commencent à considérer l’inclusion non comme une faveur accordée à certains, mais comme une responsabilité collective.
Comment les Pays-Bas abordent les learning differences
Les Pays-Bas sont régulièrement cités parmi les pays européens ayant structuré leur politique éducative autour d’une logique d’inclusion progressive.
Concernant les learning differences — dont la dyslexie — l’approche néerlandaise repose sur un principe simple : identifier tôt, accompagner de manière concrète et adapter l’environnement d’apprentissage.
Une identification précoce et structurée
Le système éducatif néerlandais accorde une attention particulière au repérage des troubles d’apprentissage dès l’école primaire.
Des protocoles d’observation et d’évaluation permettent d’identifier les difficultés persistantes en lecture et en écriture. L’objectif n’est pas d’étiqueter, mais de prévenir.
Plus les besoins sont identifiés tôt, plus les ajustements peuvent être intégrés naturellement dans le parcours scolaire.
Cette logique préventive vise à éviter que les difficultés initiales ne se transforment en freins durables — académiques, mais aussi psychologiques (perte de confiance, démotivation, évitement de l’écrit).
Des adaptations intégrées au cadre éducatif
Aux Pays-Bas, l’accompagnement de la dyslexie ne relève pas uniquement d’une approche médicale. Il s’inscrit dans une logique éducative et fonctionnelle.
Les aménagements peuvent inclure :
- du temps supplémentaire lors des évaluations,
- l’utilisation d’outils numériques adaptés,
- des supports pédagogiques différenciés,
- un accompagnement spécialisé lorsque nécessaire.
L’idée centrale n’est pas de “normaliser” l’élève.
Elle consiste à ajuster le cadre d’apprentissage pour réduire les obstacles inutiles.
Cette approche rejoint les principes de l’inclusive education promus au niveau européen :
ce n’est pas uniquement à l’élève de s’adapter au système ; le système doit également évoluer pour garantir l’équité.
Une question qui dépasse l’école
Au-delà du cadre scolaire, les learning differences sont progressivement intégrées dans une réflexion plus large sur la participation sociale.
Aux Pays-Bas, la dyslexie est abordée dans le débat public sous plusieurs angles :
- la réussite académique,
- l’accès aux études supérieures,
- l’insertion professionnelle,
- l’innovation technologique et l’accessibilité numérique.
Cette transversalité est déterminante.
Elle évite d’enfermer la dyslexie dans une catégorie strictement scolaire et la replace dans une perspective de parcours de vie.
Une comparaison internationale éclairante
Si l’on compare :
- Aux États-Unis, le cadre légal (IEP, 504 Plans) structure fortement les aménagements et formalise les droits des élèves.
- En France, des dispositifs comme le PAI ou le PPS encadrent les adaptations scolaires.
- Aux Pays-Bas, l’approche combine pragmatisme éducatif, dispositifs structurés et reconnaissance sociétale plus diffuse.
L’élément distinctif ne réside pas uniquement dans les outils proposés, mais dans la manière dont la question est intégrée au débat collectif.
Dans ce contexte, la nomination de Sjan Verhoeven prend un relief particulier.
Elle intervient dans un pays où les différences d’apprentissage sont déjà inscrites dans une réflexion éducative et sociale plus large.
La reconnaissance institutionnelle ne crée pas la dynamique.
Elle vient la consolider.
Elle confirme que les learning differences ne sont pas seulement un sujet pédagogique.
Elles participent d’une vision plus globale de l’équité, de l’accessibilité et de la modernité éducative.
Ce que cela révèle d’un changement global de paradigme
La nomination de Sjan Verhoeven au sein de l’Ordre d’Orange-Nassau ne constitue pas un événement isolé.
Elle s’inscrit dans un mouvement plus large : celui d’une transformation progressive du regard porté sur la dyslexie et, plus largement, sur les learning differences.
Pendant longtemps, la réponse dominante reposait sur une logique individuelle : identifier la difficulté, proposer une rééducation, tenter de corriger.
Aujourd’hui, le centre de gravité se déplace.
De la correction à l’adaptation
Le paradigme traditionnel était centré sur la remédiation :
- diagnostiquer,
- rééduquer,
- compenser au cas par cas.
Le paradigme émergent repose davantage sur l’adaptation :
- aménager les environnements d’apprentissage,
- intégrer l’accessibilité dans la conception des outils,
- repenser les systèmes plutôt que corriger les individus.
Ce basculement est structurant.
Il implique que l’on ne mesure plus uniquement la capacité d’une personne à “s’adapter” au cadre existant, mais aussi la capacité du cadre lui-même à réduire les obstacles.
La reconnaissance institutionnelle accordée à une actrice engagée sur la dyslexie s’inscrit dans cette évolution : elle légitime l’idée que l’adaptation des environnements relève d’une responsabilité collective.
Une dynamique qui dépasse les frontières
Des États-Unis à l’Europe du Nord, la conversation autour de la neurodiversité gagne en visibilité :
- reconnaissance institutionnelle accrue,
- médiatisation de personnalités dyslexiques,
- développement de recherches scientifiques sur la lecture et le traitement visuel,
- intégration des enjeux d’accessibilité dans les politiques éducatives et les stratégies d’entreprise.
Ce mouvement traduit une prise de conscience progressive.
L’inclusion ne relève pas uniquement d’un principe moral.
Elle constitue un enjeu éducatif, économique et sociétal.
Permettre à chacun de mobiliser pleinement ses compétences n’est pas un geste symbolique.
C’est une condition de performance collective.
L’innovation comme levier d’équité
Dans un monde où l’écrit numérique structure l’école, l’université et le travail, la question de l’environnement de lecture devient centrale.
Adapter le cadre pédagogique ne suffit plus.
Il faut également adapter les outils.
Améliorer le confort visuel.
Réduire la fatigue cognitive.
Optimiser la stabilité de lecture sur écran.
Ces dimensions, longtemps considérées comme secondaires, s’inscrivent désormais dans une réflexion plus large sur l’accessibilité et l’équité.
Le geste de la monarchie néerlandaise envoie un signal culturel fort. Mais la transformation du quotidien passe par des solutions concrètes.
Créer les conditions d’une lecture plus fluide et plus soutenable ne consiste pas à accorder un avantage. Il s’agit de réduire un déséquilibre structurel.
C’est précisément dans cette dynamique que s’inscrivent les innovations dédiées aux lecteurs dyslexiques.
Elles traduisent, dans les faits, ce changement global de paradigme : passer d’une reconnaissance symbolique à une adaptation opérationnelle.
Comprendre est une première étape. Adapter l’environnement en est une autre.
Aujourd’hui, la recherche et l’innovation permettent d’agir directement sur le confort de lecture des personnes dyslexiques, notamment dans les environnements numériques où l’écrit est omniprésent.
Chez Lili for Life, nous développons des solutions conçues pour améliorer la stabilité visuelle et réduire la fatigue de lecture, à l’école comme au travail.
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